Je vais dans le vif du sujet. Sans introduction.
Le présent n'a jamais semblé être aussi court qu'en ce moment. Les nouveaux modes pour les statufier sont là pour renforcer ceci. Twitter, Facebook, Myspace peut-être et les textos sont des instruments redoutables afin de compresser le présent encore plus qu'auparavant.
En 1991, on se disait:
Ah, je ne me sens pas bien cette semaine. Aujourd'hui, je suis malade. je ne fais rien de la fin de semaine !
Ces phrases constituaient une sorte d'état général souvent allongé sur plusieurs jours, voir quelques semaines. Germaine est en convalescence en ce moment ! Elle en a pour un mois. Ou: Je cuisine en fin de semaine.
Maintenant avec les statuts Facebook, on informe les gens dès la matin que l'on va faire des tartes, sur Twitter, on dit qu'on s'en va à l'épicerie, sur Facebook on raconte que l'on s'y met et plusieurs heures après, on raconte que nos invités ont apprécié !
Plusieurs présents figés comme autant de photographies textuelles ! C'est ça, on se photographie avec les mots. Nous sommes non seulement en représentation perpétuelles, même en tentative de remodeler ce présent aussi souvent et fréquemment que possible . On se biographe compulsivement. On change sans cesse se présent qui semble nous échapper. Mais encore, on ouvre toutes grandes les portes favorisant sa fuite !
Facebook ou Twitter,
18h10: je vais pas bien ce soir.
19h32: Wow ! Je viens de recevoir un appel joyeux !
20h03: Ah non, pas encore une reprise de Jesus de Montréal à Télé-Québec !
20H25: Je me suis cogné le pied sur mon bureau.
21h48: Je suis tout content ! Je sors ce soir avec les boys finalement. je pense que ça va me remonter le moral.Je vais peut-être rencontrer l'amour !
3h49am: Les filles étaient toutes moches, le concerts dégueux pis je viens de vomir ma poutine.
Ces exemples sont pas si intéressant que ça. mais je veux juste vous dire que l'on est passé par la déprime, par l'écoeurement, par la joie, l'espoir et une conclusion nulle. On ne décrit plus ce que l'on a fait en fin de semaine aux gars du bureau le lundi matin, mais on se décrit d'heure en heure à tous, autant notre famille, nos amis que nos collègues sur ces sites.
- J'ai vu sur Facebook tout à l'heure que ça feele pas ben ces temps-ci ?
- Ah non ! Je vais super bien ! T'es allé quand sur Facebook ?
- À 17h32...
- Ben mon post de 18h14 dit que je suis super emballé par une proposition de contrat pis que tout mes problèmes sont réglés.
- Ah non ! quand j'y pense... C'était à 21h28 que j'y suis allé, pas à 17h32.
- Ah ben dans ce cas-là, je venais d'apprendre que j'avais le contrat. C'est normal que t'ai vu mon post à propos de la planification de mon suicide de 22h00.
- Ben qu'est-ce que tu fais icitte au Divan Orange à minuit douze ?
- Ben mon ex m'a téléphoné à 21h59 pour me dire qu'elle voulait reprendre avec moé pis qu'elle m'invitait à venir voir le show avec elle icitte à soir.
-......
Vous comprenez ? Ça a l'air comique mon post. Mais tout ça pour dire que le temps s'est téléscopé grâce à ces nouveaux modes de communications, ces réseaux d'informations en continue. L'Histoire avec un grand H s'écrit sur de longues périodes. Maintenant, on passe de l'excitation au désenchantement en l'espace de quelques heures, de la révolution à son antidote en quelques jours.
le temps n'est jamais allé aussi vite.
Bref, c'est un freestyle ce post-ci. Ile st discutable vous savez. Mais l'important est que vous en ayez une idée générale.